Juger sur les apparences

Juger sur les apparences

Les préjugés, les idées reçues, les a priori… Qui en a ? Sûrement pas vous ! Chacun se défend d’en avoir… et pourtant… juger d’après les apparences est un de ces défauts qui répugnent tout un chacun mais que tout le monde pratique de façon plus ou moins inconsciente.

Il parait même que c’est prouvé scientifiquement! Notre cerveau aurait une préférence pour les personnes au physique agréable et à l’apparence soignée, alors que les personnes au physique ingrat et à l’apparence négligée nous inspireraient méfiance et antipathie. Alors vérité scientifique pure ou faussée par la culture, ou devrais-je dire le culte du Beau, que prône notre société?

Et l’Islam dans tout cela? L’Islam nous apprend que le regard du croyant est différent de celui de l’adorateur du bas-monde. Il a conscience que les apparences appartiennent au bas-monde et qu’elles sont donc, à son image : éphémères et souvent trompeuses. La beauté, la jeunesse, le style, la classe… Rien de tout ça ne dure et pourtant c’est souvent ce qui influence notre première opinion sur une personne. Et, conditionnés par le fameux adage, on se dit parfois que la première opinion est la bonne!

Si les apparences peuvent être trompeuses, et qu’elles sont à ce point éphémères… Comment peut-on penser qu’elles sont un critère raisonnable pour nos jugements?! Par exemple dans une affaire aussi importante que le mariage… De nombreuses rencontres sont très influencées par le critère « physique », mais que l’homme garde à l’esprit qu’une femme peut prendre facilement 30 kilos après une grossesse! Que la femme garde à l’esprit qu’en homme peut perdre une magnifique chevelure et devenir chauve en quelques mois! Que tous deux gardent à l’esprit qu’ils n’échapperont pas aux marques du temps! C’est la raison qui nous appelle à ce que notre jugement se fonde sur ce qui ne trompe guère et surtout ce qui perdurera : le cœur, l’âme et l’éthique!

Il est arrivé aux Nobles Compagnons de notre Prophète SAWS de se moquer des apparences en mettant en avant un aspect physique d’un de leur frère. En effet, AbdAllah ibn Mas’oud était très menu et un jour il laissa apparaitre ses mollets qui étaient tous fins. Ce qui provoqua un petit rire chez ceux qui assistèrent a la scène. Le Prophète SAWS reprit alors ses Compagnons en ces termes : «Vous vous étonnez de la minceur des jambes d’Ibn Mas’oud ? Par Allah, elles pèseront plus lourd dans la balance divine que la montagne d’Ouhoud le Jour de la Résurrection.» Il voulut leur rappeler que l’importance n’était pas l’aspect des membres mais bien ce à quoi nous les consacrons. La balance divine ne pèse pas le poids des membres des personnes mais la valeur des actes qu’ils auront accomplis. Rappelons-nous cette parole prophétique rapportée par l’Imam Mouslim : «Certes Allah ne regarde pas vos corps et ni vos visages, mais Il regarde plutôt vos cœurs et vos actes.» Il est donc bien étonnant de voir que pour certain la pitié se mesure par la longueur de la barbe ou la largeur du jilbab. Combien de fois avons-nous ne serait-ce qu’une seconde émis un jugement sur la tenue vestimentaire d’une sœur, fière d’arborer notre foulard, sans savoir que pendant que nous dormons tranquillement cette même sœur est-elle prosternée, suppliant Allah de lui faciliter pour qu’elle puisse elle aussi le porter. A cet instant, laquelle des deux est plus aimée d’Allah, celle qui se satisfait de sa petite preuve d’obéissance ou celle qui se repent en regrettant sincèrement ses manquements?

balance

Dans le Saint Coran Allah nous met en garde contre les conjectures, Il dit «Gardez-vous des nombreuses conjectures car une partie d’entre elles est un péché.» En effet, avant de juger une personne pour un comportement ou une action, rappelons-nous que le Jugement n’appartient qu’à Allah car Lui seul cerne toutes choses de Sa Sciences, l’apparent comme le caché. Notre connaissance est quant à elle tellement limitée! Et si nous tenons réellement à scruter les actes et les comportements de quelqu’un, que ce soit les nôtres! Le Prophète s’étonne : «Comment l’un de vous arrive-t-il à voir la paille dans l’œil de son voisin mais oublie le tronc dans son œil à lui.» La réponse se trouve dans cette parole de ‘Awn ibn Abdallah  : «L’homme qui se met à relever les défauts des autres ne le fait que lorsqu’il ferme les yeux sur ses propres défauts.» Ainsi, le remède au mal dont nous parlons est bien l’examen de ses propres défauts et la recherche de son propre salut au lieu de s’interroger sur celle des autres.

Et quelle meilleure conclusion que ces vers que nous devons à un poète arabe :

“Sage et humble devant Allah l’homme se verra trop occupé par la crainte d’Allah pour voir les défauts des autres ; Tel un malade souffrant dont la douleur l’accapare au point qu’il ne voit guère celle des autres”



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